Le jardin des plaisirs

UN PETIT COIN DE NATURE APPRIVOISE

C’est d’abord un paysage, un lieu qui se construit, qui se vit, qui se sent, qui bruisse, où le vent s’amuse de tant d’odeurs.


Le jardin c’est d’abord un théâtre de plaisirs, d’éveil de tous les sens :
Contempler un oiseau qui s’ébroue.
Contempler une branche fleurie.
Contempler la première tomate encore à peine rouge.
Ne presque pas oser la toucher de peur qu’elle ne s’efface.
Contempler les gouttes de rosée sur les tiges courbées.
Et du doigt les caresser et gouter leur douceur.
S’éblouir de la pluie qui ravive les teintes et change les parfums.
Gouter, sentir tout ce qui pousse et regarder sa main toute verte de sucs, toute rouge de fruit et collante de sucre.
Écouter le silence, longtemps, qui se raconte.

 

Aller en son jardin comme on va en enfance, pour apprendre à jouer avant de récolter…Se nourrir de tout ce qui pousse avant de le cueillir.
Aller en son jardin avec au cœur comme une envie de jardin.

 

 

Une envie dans l’air du temps, tendance si on aime les gros mots

 

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Il y a plein d’endroits qui se consacrent au culte de cette envie à grande profusion de consommables : jardin en carré…. un jardin sur votre balcon ….jardin facile….jardin des villes….jardin des champs… Une infinité de linéaires pleins de poudres et d’outils, de bottes et de bineuses, de tuyaux multicolores… Tout vous incite au rêve consommables. Il y a des cours et il y a des stages et des graines et des plants et tout un tas de produits, bio ou  pas,pour soigner ces plantes  si fragiles et puis débarrasser de leurs ennemis, herbes ou insectes

 

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Tout cela est de plus en plus naturel à vrai dire,  mais l’idée qui sous tend ce grand déballage est toujours la même : à chaque bobo de vos plantes il y a une solution médicamenteuse, fut-elle tisanière.
Il est ma foi vrai qu’au jardin
on rencontre parfois quelques soucis mais pourquoi aborder le potager par ce biais là.
On n’envisage pas de se lever malade le matin au point de passer la journée à se soigner. Au jardin c’est pareil.
Jardiner c’est d’abord un plaisir et le reste n’est qu’accessoire.
Évidemment on ne part pas dans le vide il y a bien sur quelques codes à suivre, quelques conduites à tenir pour pouvoir jouir pleinement des plaisirs du jardin.

 

 

UN JARDIN COMME UNE SIGNATURE A UNE OU PLUSIEURS MAINS

 

Nous allons voir maintenant comment bâtir un jardin personnel et personnalisable, dans lequel on s’implique physiquement, optionnellement, charnellement surtout, seul(e), à deux ou en famille, à chacun son petit coin, ses petits plaisirs.
A l’intérieur de cadres d’ordre général et de quelques idées fortes, tout ou presque sera  «rêvable»,envisageable et réalisable.

 

DESORDRE ET BIODIVERSITE VERS UN ECOSYSTEME GERE

La diversité et le désordre éludent  d’office un des problèmes principaux du jardin bio: la rotation des cultures.


Un système réfléchi et organisé qui évite aux légumes de retrouver dans le sol les parasites d’une année sur l’autre.
Le désordre et la panique végétaux génèrent la rotation à votre place.

Les structures fixes (au moins pour quelques années (.l’envie de changer ça existe) permettent de se situer sans remettre en cause le plan du jardin.

La mise en culture des espaces libres génère un décalage automatique qui stimule la diversité  et la vie du sol . Tout le reste est paillé régulièrement donc nourri en permanence par décomposition du paillage (avec l’aide de purins ou de corne).
Il suffit la plupart du temps d’ameublir  la terre à travers le paillage (grelinette) pour installer les plants préalablement cultivés en pot.

Par contre il faudra constamment lutter contre les limaces qui seront les premières admiratrices de vos succès et protéger les jeunes plants des oiseaux à l’aide de branchages ou de grillages.

UNE PINCEE DE TECHNIQUE ET QUELQUES PRINCIPES

Le travail du sol

Si vous partez de la page blanche, il sera nécessaire d’effectuer un labour complet du jardin à la main ou mécaniquement (grelinette , fourche à bêcher, ou moto-bineuse). Il est recommandé de ramasser les plus gros cailloux (ils peuvent aisément s’installer dans un coin, participer au décor, faire un muret, cerner une plate bande ou abriter quelque locataire utile) et les racines s’il y en a.

 

Il vous suffira ensuite de tracer les cheminements (en tassant la  terre tout simplement) et  le livre pourra s’écrire son votre inspiration.
Un croc et un râteau vous serviront à affiner le sol (en cas de semis ou de repiquages)… une fourche  vous aidera à manipuler le compost et les paillages.

Fertilisation et soins : un écosystème domestique

Dans un jardin tout se recycle. Les seules choses qui en sortent sont celles que l’on mange. Et même cette nourriture peut revenir au jardin pour peu que l’on installe des toilettes sèches qui viendront à leur tour nourrir le compost.


Le principe de fonctionnement de l’écosystème du jardin peut se comparer à celui de la forêt: toutes les composantes participent à la fertilité du système, même une plante indésirable a puisé dans le sol des nutriments qu’elle rendra au système si vous la laissez se décomposer sur le sol après l’avoir arrachée.

Cultiver avec armatures

Gràce au paillage, aux cultures d’engrais vert, à la jachère d »hiver – le sol ne sera jamais nu.
Ainsi, il ne sera ni délavé par les pluies, ni tassé et restera vivant et actif toute l’année.
Le cycle naturel ne sera pourtant pas parfait puisque justement vous prélèverez les  légumes et les fruits.

D’autre part les apports en paillage frais ou sec peuvent provoquer par leur décomposition des faims d’azote entraînant un déséquilibre dans la croissance des plantes.
Vos interventions seront donc nécessaires pour prévenir les carences et les déséquilibres qui affaiblissent les cultures.
Généralement, l’apport régulier de purins de plantes (ortie, consoude) et de cendres de bois seront suffisants.
Il se peut toutefois que votre terre soit particulièrement  «typée»,  qu’elle soit pauvre, argileuse,caillouteuse. Dans ce cas, l’équilibre sera un peu plus difficile à créer mais avec méthode et en utilisant des légumes locaux et des arbustes adaptés, les résultats seront à la hauteur de vos envies…

 

 

Prendre de la hauteur

 

La surface du jardin restant nécessairement limitée par le rapport de votre plaisir et de l’investissement que vous envisagez de payer de votre personne, de votre temps….il sera nécessaire ou du moins utile de bâtir des structures et par là, gagner de la place….et de la beauté aussi.


On peut tuteurer  beaucoup de plantes avec bonheur (courges, courgettes, cristophines, concombres, haricots…) et la récolte en sera facilitée.

 

S’orienter

 

Il est fondamental de bien se situer dans l’espace et de tenir compte de la géographie du jardin pour l’implanter.
Les éléments fondamentaux à prendre en compte sont: la course du soleil, la pente, l’environnement immédiat, l’humidité, les vents dominants, la proximité d’ un point d’eau…
Vous pouvez aussi organiser l’espace et la structure du jardin en connaissance de cause et vous faciliter la vie.
Peut être une haie au nord pour couper le vent ? Une mare pour drainer une zone plus humide ? Des  murets pour corriger la pente ?

Le premier travail du  jardinier est bien de s’asseoir et de réfléchir afin  d’organiser le jardin autour de son siège: c’est le garant de la réussite.

Quelques précautions

Malgré tout ce qui précède, il n’est pas inutile de pratiquer quelques interventions préventives et curatives.
Un petit pulvérisateur (1 à 5 litres) vous servira à donner  quelques coups de pouce à vos cultures ; un peu de cuivre sur les tomates, poivrons et aubergines, un peu de lait entier pour calmer la virulence d’une colonie de pucerons, un peu de purins de prêle ou d’ortie pour aider les tomates à pousser vigoureusement.
Rien de bien contraignant ma foi mais quelques trucs malins pour s’éviter la plupart des déboires sans se prendre pour un alchimiste ni jouer au petit chimiothérapeuthe végétal.

 

 

 

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