DE LA VIGNE ET DU VIN

27 avril 2018 Le gênant vert On s'assied et on réfléchit

 

Dans certains pays, de grandes calamités créent des déserts: sauterelles, cyclones, sècheresse, surpopulation et misère ( donc déforestation ).
Par chez nous, nous avons nous aussi notre calamité qui se nomme  agriculture intensive, mécanisée et informatisée…à chacun ses petits soucis.
La viticulture, par exemple, vue de loin, crée un paysage ordonné, verdoyant, riche de vie….La vigne vue de loin c’est un magnifique tableau impressionniste….On l’imagine grouillante de vie et d’odeurs…on sent des promesses…
Mais à y regarder de plus près , la vigne c’est plutôt le SAHEL….un grand désert de pierrailles d’où émergent les ceps alignés, coiffés, standardisés, clonés, dans une odeur d’usine chimique un jour de changement des filtres. Et pourtant que de pages écrites au long des magazines, que d’extases poudrées autour de nos grands crus, si suaves, si dignes des dieux…………..Si onéreux, si rentables aussi …..

Il est pourtant d’autres vignes, ilots égarés des océans standardisés, où l’on peut respirer, s’égarer, se régaler du chant des oiseaux, se pencher sur une fleur. On y verra quelques pêchers antiques, voire un chêne truffier ….
On y verra la vie en somme.
Cultivées selon les principes de l’agriculture biologique ou bio-dynamique, ces terres semblent respirer, vivantes, colorées.
C’est donc que c’est possible…Et les vins qui en sont issus, élevés avec passion dans un culte effréné du terroir, sont parmi les plus expressifs qui soient. Qu’ils se nomment Côtes rôties, Champagne, ou qu’ils soient de plus modeste naissance,ces vins francs et expressifs vous feront retrouver le plaisir tout simple de gouter à la sincérité.

 

Qu’en est-il des résidus de pesticides des vins conventionnels ? N’en trouve-t-on pas, si on cherche un petit peu, jusques au fond des plus grandes bouteilles ? Qui publiera des analyses crédibles et indépendantes ?

Pour en venir au vin en lui même, à la petite bouteille découverte par hasard que nous aimons à partager en tribu enthousiaste, comment la dénicher?

Plutôt que de courir de foire au vin en promotion du siècle, plutôt que de s’échiner à fouiller les rayons surdimensionnés de nos temples modernes, il parait plus judicieux de regarder autour de soi, de se pencher sur les produits qui nous entourent, qui sont nos racines, notre terroir.
Au gré de nos errances, il y aura des découvertes, des rencontres. Il n’y aura peut être pas que des monuments, que des chefs d’œuvres, mais surement quelque cru sincère, né des convictions, du travail et de l’amour de paysans de la vigne, d’artisans du vin…..Des gens qui à coup sûr auront mis de l’humanité dans notre verre .
Ces vins ne seront pas tous bio, bien sur, l’animal est encore rare, mais derrière chaque étiquette il y aura un nom, une identité de vigneron, une odeur de cave et de terre, de marches usées ou non , de celles qui ne descendent pas vers l’enfer et que l’on remontera les bras chargés de quelques flacons qui du coup, en plus de leur contenu, seront porteurs d’une tranche de vie.

Il est, parait-il, d’autres contrées où la vigne ne prospère qu’aux tonnelles des châteaux. Qu’à cela ne tienne, l’homme est inventif et d’autres nectars garnissent ses celliers: cidre, poirée, bière, hydromel etc….qui semblent tout exprès nés pour sublimer la cuisine du terroir.
Il n’est pas sain de renier ce qui existe autour de soi au profit de boissons et de mets, qui au cours de leur migration, auront été dénaturés en pâles copies, en ersatz, ou pire ne seront que créations alchimiques aux gloires publicitaires, breuvages snobinards de sociétés en mal de racines, de cultures et d’âme.

Sous nos pieds, dans cette terre où plongent nos racines, même s’il faut qu’elles s’étirent jusqu’aux limites de la ville, se cache la sève dont est fait notre sang. Il n’y a qu’a se pencher un peu pour que nous remontent des effluves de paradis.

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